Dans un contexte où la santé psychologique et le mieux-être au travail occupent une place centrale dans les organisations, certaines entreprises choisissent d’aller plus loin en structurant leur démarche et en s’engageant dans une amélioration continue de leurs pratiques. C’est le cas de Novo SST, qui a entrepris depuis plusieurs années un cheminement soutenu en santé mieux-être au travail. À travers cette entrevue, l’organisation revient sur les motivations qui ont guidé son engagement, les initiatives mises en place et les retombées observées auprès de ses équipes.
Pourquoi avez-vous décidé de vous engager en santé mieux-être au travail ?
Chez Novo SST, l’engagement en santé et mieux‑être au travail découle d’une conviction profonde : nous ne pouvons pas accompagner des organisations dans la prévention, la santé et la sécurité du travail si nous ne prenons pas d’abord soin de nos gens. Bien avant l’évolution rapide de la réalité du travail et l’arrivée de l’encadrement législatif des risques psychosociaux, nous avons voulu nous assurer que nos employé-e-s disposent d’un environnement où ils/elles se sentent soutenu-e-s, écouté-e-s et outillé-e-s. Cet engagement est un prolongement naturel de notre mission. Et c’est également ce qui nous distingue.
Quel a été votre cheminement organisationnel en santé et mieux être au travail au cours des dernières années ?
Il s’agit également d’une réflexion qui est au cœur des préoccupations de nos dirigeant-e-s et fondateurs-trices. Au fil des années, nous avons mis en place des programmes, clarifié et bonifié certaines pratiques, mis en place un comité santé mieux-être (CSME) pour chapeauter les interventions. C’est une démarche qui a progressé avec l’entreprise, suivi son évolution et qui continue de se transformer avec les besoins des employé-e-s.
Dans ce cheminement, nous avons d’abord pris le temps de sonder ce qui était vécu à l’interne : les défis liés à la charge et à l’organisation du travail, au rythme d’exécution, à la coordination et cohésion entre les équipes. À partir de là, nous avons bâti une démarche structurée, avec une analyse de nos indicateurs RH ainsi qu’avec une réflexion stratégique. Nos collectes de données sont également très riches en informations!
Quelles ont été les différentes parties prenantes ?
Plusieurs acteurs-trices ont joué un rôle clé. La direction, d’abord, parce que son engagement est essentiel pour faire avancer une vision comme celle-là. Les gestionnaires ont été au cœur du changement : ce sont eux/elles qui ont la plus grande influence sur le climat de travail. Les employée-e-s ont aussi été des partenaires actifs-ves à travers leurs suivis dans les différentes cueillettes de données, leurs commentaires et leur implication et leur participation aux initiatives. Nous avons également sollicité des partenaires externes pour obtenir de la formation et du soutien lors de l’organisation de certaines activités. Enfin, il ne faut pas oublier notre équipe RH qui travaille fort et met son expertise à profit pour structurer la démarche et assurer sa cohérence. C’est un travail collaboratif!

De combien de temps avez-vous eu besoin pour atteindre la certification Entreprise en santé ?
Le processus s’est étendu sur deux ans, à partir de 2016 pour une première certification en 2018. Il y avait toute une phase d’analyse à réaliser, des ajustements à mettre en œuvre, puis toute la préparation en vue de notre 1er audit de certification. C’est une démarche rigoureuse, qui a permis d’ancrer solidement nos pratiques et de confirmer que nos actions répondaient aux normes reconnues en SMET.
Quelles initiatives avez-vous récemment mises en place ?
Nous avons déployé plusieurs initiatives, toujours en fonction des besoins exprimés. Nous pensons notamment à des ateliers et formations sur le stress et la résilience, à un programme de reconnaissance du bénévolat, à des capsules de formation sur l’optimisation des outils de travail, la mise en place d’activités d’équipe organisées par les gestionnaires et favorisant la cohésion et la santé globale. Nous avons aussi modernisé certaines pratiques et outils internes, renforcé la reconnaissance et donné une meilleure visibilité aux services de soutien déjà existants dont notre Programme d’aide aux employés et service de télémédecine.
Plus spécifiquement, quelles initiatives avez-vous mises en place autour des risques psychosociaux ?
La collaboration étroite entre le CSME, le comité de santé et de sécurité et le comité Centraide a permis d’harmoniser les messages de prévention et de soutien et de multiplier les interventions collectives. Par ailleurs, le déploiement du nouvel intranet a amélioré la circulation de l’information et réduit les irritants liés à la surcharge communicationnelle, un enjeu directement lié aux RPS.
Les ateliers liés à la résilience, à la communication et à des enjeux sociaux, offerts dans le cadre du Mois de la santé au travail (octobre), ont contribué au développement de compétences psychosociales et répondu à un besoin nommé d’outiller nos employé-e-s face aux défis du quotidiens. Finalement, des initiatives comme la conférence en santé financière, les activités de cohésion d’équipe et le crédit gym ont soutenu la santé globale. Ensemble, ces actions s’inscrivent dans une démarche structurée et cohérente de prévention des risques psychosociaux.

Quelles retombées avez-vous pu observer à la suite de ces différentes interventions ?
Dans les dernières années, Novo a peaufiné sa démarche de prévention des risques psychosociaux en modernisant ses pratiques et en renforçant la capacité de l’organisation à soutenir la santé mentale. Le nouvel intranet a amélioré la fluidité de l’information et réduit les irritants communicationnels, contribuant à un environnement de travail plus clair et prévisible.
Les moments TechNovo ont diminué la charge cognitive liée aux outils numériques, soutenant l’autonomie et l’efficacité des équipes.
La diffusion de capsules Novo Studio sur la santé psychologique, complétée par des capsules sur les risques psychosociaux destinées aux gestionnaires, a favorisé une compréhension commune des enjeux de santé mentale, tout en normalisant la discussion sur les RPS et en renforçant la capacité d’agir des équipes.
La sensibilisation aux événements potentiellement traumatiques (ÉPT) a également permis de mieux outiller le personnel face aux situations pouvant générer une détresse émotionnelle.
Enfin, des initiatives touchant la santé globale — dont la santé financière, la cohésion d’équipe et l’activité physique — ont soutenu le bien-être général et contribué à offrir un environnement sain. Ensemble, ces actions ont renforcé la culture de prévention et la résilience organisationnelle.
Quels sont vos prochains objectifs en santé mieux-être au travail ?
Nos objectifs vont maintenant vers la consolidation. Nous voulons poursuivre la prévention des risques, physiques et psychosociaux, de manière proactive, renforcer les compétences en leadership bienveillant, et continuer d’intégrer la santé psychologique et le mieux-être au travail dans nos pratiques quotidiennes. Nous souhaitons également améliorer encore plus l’expérience employé et miser sur les pratiques et programmes mis en place dans les dernières années pour leur offrir du soutien. La cohésion et la synergie entre nos différents services sont une priorité, et des initiatives en ce sens sont prévues cette année. Tout cela parce que pour nous, la certification Entreprise en santé est un moteur d’amélioration continue plutôt qu’une photo figée dans le temps.
Nous souhaitons beaucoup de succès à Marjorie Chabot et ses collègues dans la poursuite de leur programme SMET au sein de Novo SST.
Si vous aussi, vous aimeriez partager vos différentes initiatives en santé/mieux-être au travail (SMET) au sein de votre organisation, voici deux belles manières de le faire :
- Participer à la prochaine édition de notre concours des Prix Distinction
- Devenir membre pour bénéficier de nombreux conseils et avantages et ainsi mettre en valeur vos accomplissements
