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Des gestes concrets pour mieux composer avec le stress au quotidien

Des gestes concrets pour mieux composer avec le stress au quotidien

Le stress fait partie de la vie. Il peut nous aider à réagir vite, à nous adapter et à relever certains défis. Mais lorsqu’il devient trop présent, trop intense ou qu’il s’installe sur une longue période, il peut finir par nous épuiser.

Le stress affecte alors l’humeur, la concentration, le sommeil, l’énergie et même la qualité des relations au travail. Les travaux de Dre Sonia Lupien ont largement contribué à mieux faire comprendre que certaines situations sont particulièrement stressantes, entre autres lorsqu’elles nous donnent l’impression de perdre le contrôle, de faire face à l’imprévu, à la nouveauté ou au jugement des autres. 

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain pour mieux gérer son stress. Souvent, ce sont de petits ajustements, répétés au quotidien, qui finissent par faire une vraie différence.

Commencer par reconnaître ce qui nous met sous pression 

Avant même de chercher des solutions, il est utile de prendre un moment pour se demander : qu’est-ce qui me stresse, au juste? Est-ce une surcharge? Des priorités floues? Le sentiment de manquer de temps? L’impression de ne jamais décrocher? Une relation difficile? Le fait d’être constamment interrompu-e? 

Mettre des mots sur ce qui pèse aide déjà à réduire un peu la confusion. Cela permet aussi de mieux choisir la bonne stratégie. Car toutes les sources de stress ne se gèrent pas de la même façon. On ne répond pas de la même manière à une journée surchargée, à une perte de repères ou à un manque de reconnaissance. 

Retrouver un meilleur équilibre entre action et récupération 

Dans plusieurs milieux, on valorise beaucoup l’action : avancer, produire, répondre vite, être disponible. Pourtant, on oublie parfois qu’il est difficile de rester bien et performant sans période de récupération. Mieux gérer son stress, ce n’est pas seulement être plus efficace. C’est aussi apprendre à alterner entre les moments où l’on est sollicité et les moments où l’on recharge ses batteries

Cela peut vouloir dire prendre une vraie pause au lieu de dîner devant son écran, marcher quelques minutes entre deux périodes de travail, sortir prendre l’air, ralentir son rythme en fin de journée ou éviter d’enchaîner sans arrêt les réunions et les urgences. Cette idée de récupération est cohérente avec les approches de promotion de la santé au travail qui misent sur des habitudes simples, réalistes et durables. 

S’appuyer sur des outils simples pour retrouver son calme 

Quand le stress monte, il est souvent utile d’avoir quelques outils accessibles. Pas besoin de quelque chose de compliqué. 

La respiration lente en est un bon exemple. Prendre quelques minutes pour ralentir volontairement sa respiration peut aider à calmer l’agitation intérieure, surtout avant une rencontre importante, après une tension ou à un moment où l’on sent que tout s’accélère. La pleine conscience, lorsqu’elle est pratiquée de façon simple et sans pression de performance, peut aussi aider à revenir au moment présent et à prendre un peu de recul par rapport à ce qui nous envahit. Les recherches montrent que ces approches peuvent contribuer à diminuer le stress chez plusieurs personnes. 

Il peut aussi être utile d’écrire ce qui tourne dans notre tête, de clarifier ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas, ou encore de découper une grosse tâche en plus petites étapes. Très souvent, le stress augmente quand tout semble urgent et flou en même temps. 

Faire une place au mouvement dans son quotidien 

On sait généralement que bouger peut aider à mieux gérer le stress, mais on ne prend pas toujours le temps de l’intégrer dans des journées déjà bien remplies. L’activité physique est l’un des moyens les plus reconnus pour soutenir la santé mentale, diminuer la tension et améliorer l’énergie. Il ne s’agit pas nécessairement de faire un entraînement intense. Une marche rapide, quelques escaliers, une pause active, un peu de mobilité ou une activité qu’on aime peuvent déjà contribuer à faire du bien. L’important, c’est la régularité plus que la perfection. 

Dans un contexte de stress, bouger peut aussi devenir une façon de marquer une transition. Par exemple, marcher avant de commencer la journée, prendre une pause active entre deux périodes exigeantes ou aller dehors après le travail peut aider à “sortir” un peu de la pression. 

Protéger son sommeil et son énergie 

Il est difficile de bien gérer son stress lorsqu’on est déjà fatigué-e. Le sommeil n’est donc pas un détail. Quand les nuits sont écourtées ou agitées, la capacité d’adaptation diminue souvent. On devient plus réacti-ve, plus irritable et moins patient-e. 

Sans tomber dans une liste rigide de règles, quelques repères restent utiles :

  • Garder une heure de lever assez stable ;

  • Éviter de prolonger le travail jusque tard en soirée ;

  • Se donner un moment plus calme avant le coucher ;

  • Limiter ce qui garde le cerveau en mode alerte.

Lorsque le stress nuit beaucoup au sommeil et que cela dure, il devient important d’aller chercher du soutien. Les approches reconnues pour les difficultés de sommeil montrent qu’un accompagnement approprié peut être très aidant. 

Parler plus tôt au lieu d’attendre d’être vidé-e 

Une autre stratégie utile consiste à ne pas attendre le point de rupture avant d’en parler. Trop souvent, les gens gardent tout pour eux/elles jusqu’au moment où la fatigue, l’irritabilité ou le découragement prennent trop de place. Pourtant, le fait de pouvoir nommer ce que l’on vit, d’être écouté-e et soutenu-e, peut déjà alléger une partie de la charge. 

Cela demande évidemment un climat où l’on peut parler sans crainte d’être jugé-e ou perçu-e comme moins solide. Le soutien social, la qualité des relations et le sentiment de ne pas être seul-e jouent un rôle important dans la façon dont on traverse les périodes plus exigeantes. 

Ce que les entreprises peuvent faire 

Pour les organisations, il est utile de rappeler une chose : la gestion du stress ne repose pas uniquement sur les individus. Oui, il est pertinent de partager des outils, de sensibiliser et d’encourager de bonnes habitudes. Mais cela ne suffit pas si l’organisation entretient elle-même plusieurs sources de pression

Les entreprises peuvent contribuer à une saine gestion du stress en :

  • Clarifiant les attentes ;

  • Améliorant la planification ;

  • Donnant davantage de marge de manœuvre ;

  • Suivant de près la charge de travail réelle ;

  • Formant les gestionnaires à reconnaître les signes de tension ;

  • Favorisant un climat sain où l’on peut demander de l’aide plus tôt. 

Les recommandations de l’OMS et les références canadiennes en santé psychologique au travail vont dans ce sens : agir en prévention, et pas seulement lorsque les personnes sont déjà à bout. 

Les entreprises peuvent aussi encourager des gestes simples mais porteurs :

  • Normaliser les pauses ;

  • Réduire certaines pratiques d’hyperconnexion ;

  • Rappeler les ressources disponibles comme le programme d’aide aux employé-e-s

  • Ouvrir des discussions sur ce qui aide réellement les équipes à rester bien sans s’épuiser.

Les programmes d’aide aux employé-e-s peuvent être utiles, surtout s’ils sont bien connus, facilement accessibles et intégrés à une démarche plus large de prévention. 

En conclusion, apprendre à mieux gérer son stress au quotidien, ce n’est pas chercher à tout contrôler ni à devenir imperméable à la pression. C’est plutôt apprendre à mieux se connaître, à reconnaître ses signaux, à utiliser quelques outils concrets et à créer, individuellement et collectivement, des conditions plus favorables au mieux-être

Et en milieu de travail, c’est une responsabilité partagée : chacun-e peut développer de meilleures stratégies, mais l’organisation a aussi un rôle essentiel à jouer pour éviter que le stress devienne la norme

 


Références 

- Lupien, Sonia et Centre d’études sur le stress humain. Recette du stress. Centre d’études sur le stress humain. Disponible sur https://stresshumain.ca/le-stress/comprendre-son-stress/source-du-stress/ 

- Organisation mondiale de la Santé. La santé mentale au travail. OMS, 2 septembre 2024. Disponible sur https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-at-work

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